LE DERNIER REPORT ?

Chers tous,

Xavier Marchand (vice-pdt SNPL), Eric Lefrançois (avocat du cabinet REINHART) et moi-même étions en république dominicaine du samedi 29 au lundi 01/12 pour assister à l’audience qui se tenait au tribunal de Saint Domingue dans le cadre du procès sur le fond, Xavier Marchand et moi étant cités comme témoins de la défense.

Nous avons retrouvé Pascal et Bruno en forme et déterminés mais bien évidemment inquiets quant à la suite des événements.

Le lundi matin, au tribunal, nous avons constaté que l’effervescence autour de l’affaire était sensiblement retombée et pour cause : il n’y a plus que dix dominicains à comparaître sur les trente-cinq du début de l’affaire.

Le procureur dominicain GUZMAN a été le premier à prendre la parole, pour expliquer qu’il lui manquait des témoins, et pas n’importe lesquels : le général ROSADO MATEO – que je ne présente plus ici – et le procureur général CASTILLO DIAZ.

Les témoins de l’accusation n’étant pas là, la juge décidait immédiatement d’une suspension de séance de 10 minutes en enjoignant au procureur de trouver les intéressés.

A la reprise des débats, le sémillant Général ROSADO était présent, mais pas le procureur général DIAZ…la cour demandait alors, selon la procédure habituelle, à tous les témoins de quitter la salle et d’attendre dehors une convocation éventuelle.

Au bout de quelques dizaines de minutes, les avocats de Pascal et Bruno, sont venus nous demander (à Xavier Marchand et moi) quelles seraient nos disponibilités à partir de la fin février pour la poursuite des débats, le report étant inévitable cette fois-ci. Après deux navettes, l’accord était trouvé pour la semaine du 9 au 13 mars, et tout le monde rentrait chez soi…Sauf Pascal et Bruno…Voilà pour les faits.

Que faut-il en penser ?

D’abord se désoler de ces trois nouveaux mois d’exil pour Pascal et Bruno, qui porteront à deux ans le temps passé loin de leurs familles et amis.

Si on veut être positif, on peut observer que la juge menait les débats avec fermeté mais de façon équilibrée entre les parties, notamment en tenant compte des disponibilités des témoins de la défense. Elle a aussi évoqué l’idée de mesures de contrainte pour s’assurer de la présence de tout le monde la prochaine fois et précisé que les débats se tiendraient quoiqu’il arrive la semaine du 9 au 13 mars. Le fait d’avoir bloqué une semaine entière est également un signe fort de la volonté d’aboutir à cette échéance.

Nous avons immédiatement pris nos dispositions pour cette nouvelle échéance et je peux vous annoncer que la prochaine fois nous ne serons pas deux, mais trois témoins pour étayer la défense, l’expert en sûreté aérienne Christophe NAUDIN ayant confirmé sa présence à nos côtés.

La contrainte financière induite par cette échéance cruciale est forte et malgré les efforts fournis par toutes les parties, c’est bien grâce à l’engagement fidèle et à la générosité de tous qu’il est possible de faire face à ce rendez-vous pour que les meilleures garanties de sérieux et d’efficacité soient réunies pour la défense de Pascal et Bruno.

D’ici là nous continuerons notre travail d’explication auprès des politiques avec notamment une relance exhaustive de tous les parlementaires et en point d’orgue une communication vers le Ministère des Affaires Etrangères.

Certes le processus dominicain semble enclenché, mais il s’agit de s’assurer que rien ne vienne l’enrayer – auquel cas nous saurons nous faire entendre comme nous l’avons déjà fait.

Pascal et Bruno recevront des visites d’ici le mois de mars, mais la « période des fêtes » sera plutôt pour eux une période d’amertume et d’inquiétude, seulement adoucie par l’idée de votre soutien…

Imaginez vous un instant : après plus de trente années de reconnaissance professionnelle unanime, alors que vous menez une vie familiale heureuse, on vous précipite en prison, à 7000 kms de chez vous dans un pays dont vous ne parlez pas la langue et dont vous ne comprenez pas les codes, on vous vole tout (7000 € sur la carte de Bruno, leurs papiers, leurs ordinateurs, leurs vêtements…), on vous impose une souffrance non seulement morale mais physique pendant 15 mois avant de vous lâcher dans la nature sans aucun moyen de subsistance et avec la menace de 20 ans de réclusion…qui pourrait sourire de tout cela ?

Mais heureusement il y a les familles, les amis, et vous tous qui, sans même les connaître directement leur apportez réconfort et soutien matériel : nous atteindrons bientôt 2000 donateurs différents, parmi lesquels une majorité de professionnels qui connaissent parfaitement les conditions d’exercice du métier de pilote de ligne dans toutes ses variantes et dont l’indignation ne faiblit pas devant l’injustice flagrante qui est faite à Pascal et Bruno.

Alors oui, l’espoir est permis car la vérité finit toujours par éclater et que, même si le combat est difficile et long, la victoire finale dépend non seulement du poids des arguments mais aussi de la détermination des acteurs…Et de ce côté-là nous serons imbattables, ensemble.

Merci de votre soutien.

Je vous rappelle ci-dessous les modalités pour contribuer :

Chèque bancaire à l’ordre de l’ASPB envoyé à notre trésorière : Mme Sabine Fauret 97 ter chemin de l’indiennerie, 69450 St Cyr au Mont d’or

Suivez nous également sur facebook et twitter :

Je vous remercie du temps et des moyens que vous consacrez à Bruno ODOS et Pascal FAURET et je suis bien entendu à votre disposition pour vous donner tous les renseignements que vous souhaiteriez.

Bien à vous tous

Philippe HENEMAN

CDB Air France

Président de l’ASPB


Punta Cana
Le 23 sept. 2014

« Renvoi »

En écho à tous vos messages d’encouragement pour la journée d’hier, il n’en resterait plus qu’un à faire paraître et qui pourrait être :

« Encore un renvoi ! »

J’en ai un autre.

J’ai demandé au « modérateur » de déposer ces mots sur le site du comité de soutien pour que personne n’hésite à nous écrire ou nous joindre, comme avant, imaginant peut être que la pudeur du silence, précisément dans ces moments là, serait plus appropriée et nous laissant seuls à notre déception de ce nouveau renvoi, et vous à la votre.

Je ne vais pas rentrer dans le détail et essayer de vous faire croire qu’on peut transformer ce nouveau coup, ce renvoi de neuf semaines, en caresse, cependant…

J’ai appris depuis longtemps et mis en pratique en prison à ne pas montrer de faiblesse : elle attire les profiteurs de misère et affûte les armes de ceux qui voudraient vous voir plus mal encore…
Être impatient ou avoir l’envie d’aller plus vite est nécessaire et juste, mais malheureusement n’a aucun effet sur le temps lui même.

La vie continue, parlez nous en, comme avant …
Bruno


COMMUNIQUEZ DIRECTEMENT AVEC PASCAL ET BRUNO

L’onglet Pascal et Bruno vous permet désormais d’adresser des messages directs et personnels à Pascal et Bruno. Par ce biais, vous pouvez leur donner votre email pour un échange privé auquel ils décideront de souscrire (ou pas) ou bien simplement créer une conversation avec eux.


 Le mot de Pascal

Samedi 21 juin, 18h30, Bruno et moi passons la porte de l’enceinte carcérale d’ Annamuya, libres, enfin presque libres…

Sensation bizarre pour laquelle je ne pense pas jamais pouvoir trouver le qualificatif adapté. Abasourdi, je laisse derrière une partie de moi et me demande comment m’accommoder du peu de vaillance qu’il me reste. La perspective d’avoir a rester sur cette île pour un temps que je ne mesure pas, vient grandement contrarier la jouissance de l’instant. Ce n’est pas du tout le sentiment attendu, mais il me faut reconnaitre que depuis quinze mois, j’ai du mal a positiver…

Cinq jours après, nous sommes toujours en errance et en dépit de l’aide que localement nous recevons, la même oppression demeure. Je fais de grands efforts pour rester bon compagnon, mais je vois bien dans l’œil de Bruno que le résultat n’est pas souvent là !

Puis, une première visite ; notre ami JP accompagné de deux de ses collègues, nous prennent en main le temps d’une soirée. On vide un peu notre sac, quelques verres aussi, et repartons gravement requinqués.

Apres moult tergiversations, nous convenons enfin de l’endroit le plus adapté pour tenter de s’y fixer.

1er juillet, Eureka, nous trouvons la perle, notre futur nid. Nous nous y installerons le 8 juillet car le logement n’est pas encore libre. Du coup nous profitons de la fin de l’après-midi pour, et c’est une première, de la plage et de la mer, mais cela a quand même un goût étrange qui n’est pas du qu’à la salinité de l’eau.

En ce début de mois, nous attendons impatients, deux autres visites d’amis pilotes AF, l’un encore a ce jour collègue inconnu s’est fort gentiment et spontanément proposé, l’autre, G… ami de longue date, saint parmi les saints, est déjà venu nous réconforter au moins trois fois. Ces fréquentes rotations, toutes ces visites qu’elles rendent possibles, toute cette aide disponible, toute cette solidarité corporative sont vraiment une bénédiction.

Jeudi 3 juillet, j’ai aujourd’hui suffisamment de « jus » et de moral pour écrire ces mots et après ces quelques nouvelles aborder le cœur de mon message.

Il y a longtemps, Maman m’a apprit a dire « Merci » quand je recevais quelque chose. Mais comme tout un chacun, j’imagine, je n’ai jamais vraiment apprécié être trop redevable, aussi je me suis appliqué a l’éviter autant que possible. Les plus beaux cadeaux m’ont souvent mis assez mal a mon aise.

Ceux qui me connaisse savent aussi que je ne suis pas de nature très loquace. Un petit coté « ours » quoi ! Effectivement, dans la vie de tous les jours, en amitié ou en amour, je suis plutôt sensible au langage non parlé et il est un peu tard pour que je change…

Mais aujourd’hui, compte tenu de votre nombre et du support électronique de ce message, il ne m’est pas possible de simplement vous serrer dans mes bras, donc tant pis, je me lance : vous toutes et tous qui nous avez, Bruno et moi, aide, écris, téléphoné, visité ou soutenu par le geste , par l’esprit ou de toute manière que ce soit, vous sans qui et sans nul doute, nous serions toujours enfermés, je tiens a vous exprimer toute ma reconnaissance.

Finalement, n’ayant rien trouvé de mieux, je vous le dit le plus simplement et néanmoins le plus profondément possible : MERCI.

Pascal

 

Le mot de Bruno

Veron R. D.

Le 7 juillet 2014

Bonjour.

Ces quelques jours qui nous séparent de notre quotidien de ces quinze derniers mois entre les quatre murs pisseux du bloc de haute sécurité de la prison d’Higuey , ne nous avaient pas encore vraiment permis de nous poser, Pascal et moi.

En prenant tout ce temps avant de vous écrire pour tenter de vous remercier toutes et tous, j’ai réalisé combien c’était encore difficile pour moi de le faire sans être sûr de le faire bien.
Essayer de vous remercier.
Essayer.

De ce que j’en sais, pour vous, tout a commencé avec l’annonce d’une arrestation, d’un « coup de chalut » sur l aéroport de Punta Cana, une vidéo et un titre évocateur qui ne laissaient que peu de place à la présomption d’innocence…
Pour nous, Pascal et moi, les cachots craceux de la DNCD (Direction Nationale du Controle de Drogue) à santo Domingo, puis quinze jours et un « coup de marteau » du juge des libertes plus tard… La prison d’Annamuya pour un an.

UN AN…

Prive de liberte pour un an !

Assommé debout…

La prison.
La prison c’est perdre inexorablement ses droits à la défense puis la force de sa révolte…
La prison, pour moi, a ceci de paradoxal :
Il faut y être dur et accepter en même temps de s’y soumettre puisqu’il n y a pas de choix autre…
Pour moi c’est donc comme lutter pour ne pas lutter…
Au quotidien c’est trouver la capacité à s’abandonner tout en contenant une infinie tristesse à sentir ce temps perdu s’échapper pour rien,c’est transformer l’appétit de vivre et l’envie de se battre pour retrouver l’air libre en un quotidien insipide et éternellement le même, jour apres jour…
Eternellement, c’est pour ceux qui ne décomptent pas les jours qui les separent de la liberte, ou d’une fin de peine, éternellement c’est pour ceux, qui comme nous, ne savent pas et n’espèrent plus.

C’est ce rythme lent et morbide qui m’engourdit encore aujourd hui.

Mais il y a eu le comité de soutien, il y a eu vos visites, vos mots d’encouragement, vos actions au quotidien, de la plus modeste à la plus engagée toujours pour nous, toujours avec nous.

Toute cette belle énergie dont on ne mesurait pas la puissance … mais qui, pour moi il n y a pas de doute, nous a sorti de ce cimetière pour vivants.

Merci à vous.

Pourtant, ce n’est pas terminé.
J’ai quitté la prison mais je ne suis pas un homme libre.

Je vais me battre pour l’être à nouveau et retrouver mon pays, ma famille, mes amis.

Vous retrouver.

Bruno.


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EUROPE1 – 26/06/2014

« Air Cocaïne » : « Quinze jours dans un cachot comme dans Midnight Express »

SOURCE : EUROPE1

INTERVIEW E1 - Les deux pilotes, récemment libérés, racontent leur détention en République dominicaine, pour une affaire de trafic de cocaïne dans laquelle ils clament leur innocence.

L’INTERVIEW. Ils ont retrouvé un début de liberté il y a dix jours. Les deux pilotes français, Pascal Fauret et Bruno Odos, soupçonnés de trafic de cocaïne en République dominicaine, expliquent à Europe 1 leur soulagement de « pouvoir marcher que je le veux, me lever, me coucher quand je le veux », selon les mots de Pascal Fauret.


Odos : « Je ne suis pas le même homme qu’avant » par Europe1fr

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Le 19 avril 2014 a eu lieu à Lyon la Manifestation de soutien à Pascal et Bruno

 

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Air cocaïne : « Des éléments dissimulés à la justice »

Air cocaïne : « Des éléments dissimulés à la justice »

SOURCE : Le Point.fr – Publié le 01/08/14 à 14h27 EXCLUSIF.

RTL, le 18 juin 2014

« Air cocaïne » : quatre français accusés relâchés

Les deux pilotes français qui avaient été arrêtés en mars 2013 après la découverte de près de 700 kg de cocaïne à bord de leur appareil ont été remis en liberté. Le passager et le membre d’équipage sont également libres. Leur procès doit se dérouler prochainement.

En 2013, l’affaire avait attiré l’attention : 680 kg de cocaïne retrouvés à bord d’un jet appartenant à l’homme d’affaires Alain Afflelou, à Punta Cana, en République dominicaine. Mais si le Falcon 50 appartient bien au célèbre opticien, celui-ci a expliqué qu’il n’avait rien à voir avec l’affaire, l’appareil étant loué à une société à ce moment-là. Les deux pilotes français de l’avion, en revanche, ont immédiatement été arrêtés par la police, avec deux autres Français.